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frontières ont bougé. Il y a vingt ans : crâne rasé égal skinhead, aujourd’hui, crâne rasé égal créateur ou coursier sympa. Dans la pub, c’est une planche de salut inespérée : n’importe quel créatif dégarni s’offre une tête de méchant pour le prix d’une tondeuse. Suffit de froncer les sourcils et n’importe quel rachitique dégarni peut passer pour un chéri bibi du concept. Le gangsta rap envahit la cafet’ et les plan’s board. Mais attention : le crâne rasé est une bombe à retardement.
Premier problème : la tête de bagnard n’est jamais très loin de la tête de cancéreux phase chimio (voire aussi : cicatrices, bosses disgracieuses, plaques rouges) surtout quand on n’a pas la carrure adéquate.
Deuxième problème : Quand tout le monde a l’air méchant plus personne n’a l’air méchant (Voire aussi : Lagaff’).
Troisième problème et le plus important : tout cela va bien se terminer à un moment ou à un autre. La vérité alopécique va éclater au grand jour. Et l’on va assister à quoi : une épidémie de Gérard Jugnot. Et c’est là qu’on va rire.

Edouard Balladur.

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